Comme même ou quand même : que doit-on écrire ?

À l’oral et à l’écrit, la locution adverbiale quand même tend à être remplacée par comme même en raison de leur ressemblance phonétique.

Toutefois, chacune de ces locutions possède un sens particulier et on ne peut pas les substituer l’une à l’autre.

Quand même ou comme même
  • Quand même permet d’énoncer un fait qui arrivera malgré tout
    • Il a neigé toute la nuit, mais il veut quand même tenter l’ascension.
  • Comme même permet de comparer avec insistance
    • Vois comme même les plus rusés de tes hommes ne peuvent flairer le danger.

Locution adverbiale, quand même possède une légère nuance sémantique entre ses différents usages.

Quant aux mots comme et même, ils ne sont associés qu’en de rares occasions.

Les ressemblances phonétiques peuvent induire en erreur, mais après les explications ci-dessous, il vous sera quand même impossible de faire la sourde oreille…

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Clé ou clef | Orthographe et différence

Comment appelle-t-on ce petit instrument métallique qui permet d’ouvrir une serrure : clef ou clé ?

Une clé ou clef : évolution graphique
  • Latin classique :
    • clavis : graphie courante jusqu’au milieu du XIe siècle (protofrançais).
  • Ancien français :
    • cles : forme réduite de clavis, en cours du XIe au XIIe siècle ;
    • clef : forme en cours à partir du milieu du XIIe siècle.
  • Moyen français :
    • clé : premières apparitions d’une forme plus fidèle à la prononciation au cours du XIVe siècle.
  • Français préclassique :
    • clef : graphie majoritairement répandue jusqu’au XVIIe siècle.
  • Français classique :
    • clef et clé : mise en concurrence des deux graphies pendant plus d’un siècle (XVIIIe).
  • Français moderne :
    • clé : graphie majoritaire depuis le XIXe siècle.

Si l’on rencontre encore la graphie clef chez certains locuteurs, la forme clé tend à s’imposer en français moderne.

La concurrence de ces deux graphies, aussi correctes l’une que l’autre, est le parfait exemple de l’évolution graphique du français et résume à merveille la réticence d’une partie de ses locuteurs à le moderniser…

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Bien sûr ou « biensûr » | Orthographe

Écrit-on « biensur » ou bien sûr ? Une chose est sûre : il règne autour de l’adverbe bien sûr, qui s’écrit toujours en deux mots, une confusion certaine…

Bien sûr ou « biensur » ?
  • bien sûr = locution adverbiale invariable = évidemment
    • J’ai eu peur, bien sûr, mais pas autant que mon voisin.
  • bien sûr = interjection invariable = naturellement

— Puis-je m’asseoir ici ?
— Oui, bien sûr ! J’ai eu tort de m’être étalé ainsi.

  • bien sûr(e) = adjectif sûr précédé de l’adverbe bien = tout à fait certain(e)
    • Es-tu bien sûre d’être enceinte ?
    • Ils paraissent bien sûrs de leurs compétences pour des novices !
  • bien sur = préposition sur précédée de l’adverbe bien = à un endroit spécifique
    • Vous êtes bien sur mon répondeur, merci d’y laisser votre message.
    • Restez bien sur les pistes balisées !
  • biensur

Pour être sûr de l’orthographe de bien sûr et bien l’écrire à coup sûr, encore faut-il se fier à une source sûre… Ne cherchez plus et lisez ce qui suit, c’est une valeur sûre !

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Sa ou ça | Orthographe

L’orthographe des homophones grammaticaux, ça et sa, fait partie des fautes récurrentes chez les francophones.

S’ils se prononcent de la même façon, le rôle syntaxique et sémantique de ces deux petits mots est pourtant bien différent.

Ça ou sa ?
  • Ça = pronom démonstratif à valeur de présentatif
    • Ça me semble une bonne idée !
      = cela
  • Sa = déterminant possessif féminin singulier
    • Sa voiture est en panne.
      = la sienne (de voiture) est en panne

Ça, pronom démonstratif, peut être remplacé par cela ; tandis que sa, déterminant possessif, signifie la sienne.

Pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient une petite explication grammaticale, et surtout linguistique, sur le triptyque ça, sa et çà, vous allez être servis… autre chose avec ça ?

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Ce ou se | Orthographe

Avec leurs deux petites lettres, ce et se font partie de ces mots qui imposent au locuteur un choix dont la complexité, pour certains, est loin d’être proportionnelle à leur longueur.

Bien que de prononciation identique, ces homophones se distinguent nettement par le rôle qu’ils jouent dans la phrase et la position qu’ils y occupent.

Se ou ce ?
  • Pronom personnel réfléchi devant un verbe pronominal :
    • Se protéger du soleil est primordial.
      = me ou te
  • Déterminant démonstratif devant un nom :
    • Ce livre est intéressant.
      = ce livre-, ce livre-ci
    • Pronom démonstratif devant un verbe non pronominal :
      • Que ce soit clair : je n’ai aucune intention de lui adresser la parole !
        = cela
      • Ce devait être le premier jour du reste de sa vie.
        = cela

      Pronom réfléchi, déterminant démonstratif ou pronom démonstratif… il y a de quoi y perdre son français ! Un petit rappel grammatical devrait rétablir la place et la fonction de chacun et rendre à ces quelques lettres la simplicité qu’elles méritent.

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      Or ou hors | Orthographe

      Or, conjonction de coordination, se prononce de la même façon que hors, préposition. Ces deux homophones possèdent toutefois une signification bien différente.

      Hors ou or
      • Or : conjonction de coordination qui coordonne deux énoncés
        • Je ne croyais pas aux revenants. Or, il était revenu et se tenait devant moi.
        • Pour avoir de l’argent, il faut travailler. Or, pour travailler, il faut un peu d’argent, une modeste mise de départ, un investissement préalable.
      • Hors : préposition synonyme de à l’extérieur de
        • Elle voyageait hors des sentiers battus, aux confins de lieux insoupçonnés.
        • Il était toujours hors sujet avec ses questions idiotes et ses remarques inutiles.

      En tant que préposition, hors est toujours suivi d’un complément, tandis que la conjonction or peut être remplacée par pourtant. Un petit rappel du rôle syntaxique de chacun devrait vous permettre de choisir la bonne graphie, hors de tout doute raisonnable.

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      Se serait ou ce serait | Orthographe

      De nombreux francophones hésitent avant d’écrire ce serait ou se serait. Ces formes, si elles expriment toutes deux une condition, ne jouent pas le même rôle syntaxique.

      La confusion entre ces formes est en grande partie due au verbe être et à sa double fonction : celle de verbe, synonyme d’exister, qui présente une réalité réelle ou envisagée, et celle d’auxiliaire, élément constitutif des formes verbales pronominales conjuguées à un temps composé.

      Se serait ou ce serait ?
        • Ce serait plus agréable s’il faisait beau.
        • Ce serait avec plaisir !
        • Ce serait possible en théorie.
        • Je pense que ce serait mieux de prendre l’abonnement mensuel.
      • se serait = auxiliaire être au conditionnel présent (3e personne du singulier)
        • Elle se serait occupée d’eux comme de ses propres enfants.
        • Il ne se serait pas énervé si tu lui avais parlé calmement.
        • Ma mère se serait remariée si elle avait pu.
        • Le père Noël se serait brulé l’arrière-train dans cette cheminée !

      Entre condition et politesse, ce serait est souvent suivi d’un adjectif. La forme verbale se serait, elle, précède le participe passé d’un verbe obligatoirement pronominal.

      Un bref retour sur des notions grammaticales essentielles devrait vous aider à y voir plus clair… et ce serait vraiment dommage de s’en priver !

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      Ce sera ou se sera | Orthographe

      Vous hésitez toujours avant d’écrire la locution ce sera ? Alors, n’hésitez plus, parce que vous avez statistiquement bien moins de chance de vous tromper en utilisant le pronom démonstratif ce !

      À moins que vous ne souhaitiez vraiment utiliser le futur antérieur d’un verbe pronominal conjugué à la troisième personne du singulier…

      Se sera ou ce sera ?
      • ce sera = pronom démonstratif et verbe être au futur
        • Ce sera sans moi !
        • Ce sera l’occasion !
        • Ce sera avec plaisir !
        • Ce sera une fille ! J’en suis sûre !
        • Dans quelques années, ce sera lui le meilleur.
      • se sera = troisième personne du singulier au futur antérieur 
        • Le meurtrier se sera changé avant de retourner sur le lieu du crime.
        • Rien ne se sera passé comme on l’attendait.
        • Dès que ça se sera calmé, on repartira.
        • La neige se sera déposée sur les crevasses, les rendant invisibles.
        • D’ici qu’elles soient prêtes, il se sera écoulé une journée entière.

      Très largement utilisé en début de phrase, ce sera devrait couvrir la grande majorité de vos besoins rédactionnels.

      Pour ceux qui ne veulent pas se satisfaire de probabilités linguistiques, c’est l’occasion rêvée de faire un retour vers le futur… antérieur !

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      Certe ou certes : orthographe et emploi

      L’adverbe certes s’écrit toujours avec un « s » final. Certes et ses synonymes peuvent exprimer la validation ou la concession, voire les deux en même temps.

      Certes ou « certe » ?
      • Certes = adverbe invariable, synonyme de :
        • effectivement, assurément, indéniablement, de toute évidence, etc.

      Exemple : J’ai reçu de sa part un message, certes chaleureux et agréable, mais je n’arrive pas à le trouver sincère.

        • oui, bien sûr, certainement, évidemment, bel et bien, sûrement, etc.

      Exemple : J’y vais à reculons, certes ; je fais mon travail.

      • Certe = ancienne graphie qui n’est plus utilisée aujourd’hui.

      Si nous confondons certes et certe, c’est que ces deux graphies étaient en concurrence sous la plume des poètes. Certes, il y a plus d’un siècle, mais ça vaut bien une petite explication poétique…

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      Pour ce faire ou pour se faire | Orthographe

      Pour ce faire, locution figée, ne signifie pas tout à fait la même chose que pour se faire.

      Pour savoir quel pronom choisir entre se ou ce, il faut d’abord déterminer si le verbe faire est utilisé pour sa valeur pronominale ou non pronominal.

      Pour se faire ou pour ce faire ?
      • pour se faire = verbe pronominal à l’infinitif suivi d’un complément
        • D’un coup, son ton changea pour se faire plus agressif.
          = pronom personnel réfléchi
      • pour se faire = verbe pronominal à l’infinitif sans complément
        • L’opération, pour se faire, nécessite au moins trois chirurgiens.
          = pronom personnel réfléchi
      • pour ce faire = verbe non pronominal à l’infinitif
        • Il devait le fouiller et, pour ce faire, il devait l’approcher, le toucher, le palper, sans laisser paraître son trouble.
          = pronom démonstratif

      Si la locution figée pour ce faire est sémantiquement très proche du verbe pronominal, le rôle syntaxique de chacun des pronoms est, lui, très différent.

      Déterminer la possible valeur pronominale du verbe faire reste le seul moyen de faire le bon choix entre pour se faire ou pour ce faire. Et pour ce faire, voici un petit rappel de notions grammaticales essentielles, mais trop souvent mal comprises…

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