Je me suis permis ou permise | Orthographe

En français, la règle de l’accord du participe passé est éminemment compliquée.

Il y est question de complément direct placé avant ou après le verbe et d’accord en genre et en nombre avec ce complément, alors que l’auxiliaire, lui, s’accorde avec le sujet.

Je me suis permise ou permis
  • Je me suis permis d’entrer dans ta chambre.
    • Je = sujet du verbe se permettre
    • me = pronom complément indirect du verbe se permettre, car on permet quelque chose à quelqu’un (en l’occurrence à soi-même dans le cas d’un verbe pronominal).

Le verbe pronominal se permettre présente à la fois un complément direct, placé à droite du verbe la plupart du temps, et un complément indirect.

S’il n’y a de complément direct avant le verbe, il n’y a pas d’accord, ce qui n’empêche pas la pronominalisation du complément direct.

Du coup, la forme je me la suis permise est grammaticalement correcte et une explication digne de ce nom est plus que permise : elle est nécessaire…

Avis à ces messieurs et leur genre par défaut…
En français, la notion de genre grammatical, féminin ou masculin, se confond avec celle du genre identitaire, femme ou homme, lorsqu’on parle d’un être humain.

De fait, une locutrice du français a nettement plus l’habitude de bien accorder les adjectifs qu’elle emploie pour se qualifier, ou les participes passés auxquels elle a recours pour se mettre en action, qu’un locuteur masculin.

Les accords grammaticaux relèvent d’une gymnastique cérébrale bien mieux comprise et appliquée, à grand renfort d’essais-erreurs et de répétitions, par les filles que par les garçons, et ce, dès le début de leur scolarisation.

Heureusement pour ces messieurs, les outils d’aide à la rédaction de QuillBot — que ce soit le correcteur orthographique, le chat IA, le reformulateur de textes, ou même celui qui les résume et les humanise — pallient leurs oublis sans blesser leur égo.

Une chose est sûre, Mesdames, permettez-vous de faire valoir vos compétences grammaticales, et sentez-vous nettement supérieures à ces messieurs, dont les formes minimales d’un genre neutre par défaut — ou plutôt faute de mieux — ne leur causent pas franchement de nœuds au cerveau…

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Elle a mis ou mit | Orthographe

Temps composé du français, le passé composé se compose d’un auxiliaire conjugué au présent de l’indicatif et du participe passé du verbe à conjuguer.

Dans le cas du verbe mettre, l’association de l’auxiliaire avoir et du participe passé mis constitue la forme de base.

Elle a mit ou mis
  • Elle a mis ses lunettes, puis a commencé sa lecture.
    = auxiliaire avoir conjugué au présent + participe passé du verbe mettre
    = Passé composé du verbe mettre
  • Elle mit ses lunettes, puis commença sa lecture.
    = Passé simple du verbe mettre

Simples ou composés, les temps du passé n’ont pas l’heur de plaire aux locuteurs du français.

Qu’à cela ne tienne, une révision du passé est toujours utile…non pas pour le réécrire, mais avant tout pour le faire correctement !

Avis à tous les nostalgiques d’un passé révolu…
En français, le déclin du passé simple est acté depuis le XVIe siècle et son utilisation exclusivement narrative.

Longtemps en concurrence avec le passé composé, il reste employé pendant plusieurs siècles pour relater des événements lointains, distanciés du présent de l’action.

Au XXe, les locuteurs lui préfèrent nettement la quasi-instantanéité d’un passé plus proche : le passé composé et ses conséquences dans le présent.

Disparu de l’oral, le passé simple ne s’emploie plus que dans les récits narratifs où sa complémentarité avec l’imparfait induit une narration à deux vitesses grâce à des aspects opposés (duratif pour l’imparfait et ponctuel pour le passé simple).

Heureusement pour les nostalgiques de ce temps ancien, les outils QuillBot — que ce soit le correcteur orthographique, le chat IA, le reformulateur de textes, ou même celui qui les résume et les humanise — conjuguent technologie et créativité pour réviser vos histoires passées…

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Votre ou vôtre | Orthographe

Les homonymes votre et vôtre, à l’instar de notre et nôtre, incarnent toute la complexité de la langue française.

Un code écrit particulièrement obscur, associé à une grammaire arbitraire, a produit un déterminant possessif sans accent circonflexe, mais un pronom possessif qui, non content d’en posséder un, l’affiche fièrement.

Vôtre ou votre
  • Déterminant possessif :
    • Votre jardin est magnifique ! Le nôtre fait bien pâle figure à côté…
    • Votre fille et la nôtre s’entendent à merveille.
  • Pronom possessif :
    • Quelle voiture prend-on : la vôtre ou la nôtre ?
    • J’ai très hâte d’être enfin des vôtres !

Exclusivement grammatical, le circonflexe ne change rien à la prononciation du pronom ou du déterminant. Même l’étymologie ne peut totalement justifier sa présence.

La seule façon de distinguer votre et vôtre est de revoir certains fondamentaux grammaticaux, qui vous aideront à faire de ce choix le vôtre

Avis à tous ceux que la grammaire exaspère…
En français, l’accent circonflexe a bonne presse : il ne change plus vraiment la prononciation — sauf quelques cas particuliers —, et bénéficie même d’une aura mystérieuse lorsqu’il témoigne d’un « s » étymologique depuis longtemps disparu.

En latin, une seule forme (voster) désigne à la fois le déterminant votre et le pronom vôtre. Jusqu’au XVIIe siècle, trois graphies sont en concurrence pour transcrire ces deux notions grammaticales : votre, vostre et vôtre.

Pour faire correspondre une forme à chaque notion, les grammairiens de l’époque coiffent une seule d’entre elles d’un accent circonflexe. Malgré leur « s » étymologique commun, les deux homophones affichent désormais une distinction graphique : la présence du diacritique sur le pronom.

Syntaxiquement, ces deux formes ne jouent pas le même rôle, et leur position dans la phrase suffit à les distinguer. C’est d’ailleurs cette différence syntaxique qui permet aux outils d’aide à la rédaction de QuillBot — que ce soit le correcteur orthographique, le chat IA, le reformulateur de textes, ou même celui qui les résume et les humanise — de distinguer le déterminant possessif du pronom possessif.

Et pour un cerveau comme pour une machine, la position de ces mots est nettement plus simple à appréhender que les décisions arbitraires des grammairiens du français…

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J’ai vu ou j’ai vue | Orthographe

En français, l’accord du participe passé est l’une des règles les plus complexes de la grammaire. Loin d’y déroger, le verbe voir, accompagné de l’auxiliaire avoir, confirme sa complexité…

J’ai vue ou j’ai vu
  • CD placé après le verbe :
    • J’ai vu le dernier film de Chloé Zaho.
    • J’ai vu les dernières versions, elles sont prometteuses.
    • CD placé avant le verbe :
      • Je l’ai vu ce matin, il n’avait pas l’air en forme.
      • Je l’ai vue ce matin, elle n’avait pas l’air en forme.
      • Je les ai vus ce matin, ils n’avaient pas l’air en forme.
      • Je les ai vues ce matin, elles n’avaient pas l’air en forme.
      • CD représenté par un pronom neutre (pronom personnel en) :
        • Des brûlures, j’en ai vu, mais rarement d’aussi graves.
        • Participe passé suivi d’un infinitif :
          • Les chiens que j’ai vus mordre, je les ai vu frapper par leurs maîtres.
          • Locution verbale avoir vue sur :
            • Depuis ma chambre d’hôtel, j’ai vue sur la mer.

            Participe passé, complément direct (ou CD), pronom personnel, infinitif sont autant de notions qu’il faut maîtriser pour accorder correctement la forme verbale j’ai vu.

            Il faut également distinguer la forme conjuguée au passé composé de la locution verbale avoir vue sur.

            Si vous pensiez avoir tout vu, l’explication ci-dessous devrait vous en faire voir de toutes les couleurs… plus des vertes que des pas mûres d’ailleurs, puisque la grammaire, ce n’est pas piqué des vers !

            Avis à tous ceux qui se disent bons en grammaire…
            La règle de l’accord du participe passé se résume bien souvent à la position du complément direct par rapport au verbe conjugué. Et bien que cette position soit tout à fait déterminante, il ne s’agit là que de la pointe de l’iceberg.

            Si les locuteurs connaissaient toute la complexité de la règle, même ceux qui prétendent ne jamais faire de faute en français ravaleraient leur langue !

            Heureusement, les outils QuillBot — que ce soit le correcteur orthographique, le chat IA, le reformulateur de textes, ou même celui qui les résume et les humanise — connaissent toutes ces règles sur le bout de leurs algorithmes.

            L’intelligence artificielle a bien quelques défauts, mais contrairement aux humains, elle n’a pas l’indécence d’imposer l’artificialité de son intelligence…

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            Session ou cession | Orthographe

            Les homonymes cession et session partagent une même prononciation, mais n’ont toutefois pas le même sens.

            Cession ou session
            • Le tribunal a ordonné la cession totale de l’entreprise.
            • La banque envisage d’éventuelles cessions d’actifs pour limiter les pertes.
            • La session parlementaire s’est terminée dans un climat houleux.
            • Votre session a expiré, vous devez vous reconnecter.
            • Des sessions extraordinaires se tiendront le cas échéant.

            Désignant l’action de céder, le nom commun cession est un terme juridique. À moins de rédiger un acte notarié, il y a de grandes chances que votre choix s’oriente davantage vers le mot session.

            Tant qu’à faire, essayons de démêler les paronymes scission et sécession dans une session sans pression qui ne devrait pas exiger de vos neurones une cessation d’activité…

            Avis à tous ceux qui discriminent les homonymes…
            Cession et session sont précisément des homophones : ils présentent une même prononciation, mais un sens différent.

            Heureusement, les outils QuillBot — que ce soit le correcteur orthographique, le chat IA, le reformulateur de textes, ou même celui qui les résume et les humanise — rétabliront la bonne orthographe en contexte.

            Si deux homographes peuvent être homophones (un avocat qui mange un avocat), ils peuvent aussi partager la même graphie, mais pas le même son : le verbe voir au passé simple s’écrit vis, mais se prononce [vi]. En revanche, la tige filetée en métal, qui s’écrit vis au singulier comme au pluriel, marque le « s » final, soit [vis].

            Les homographes et les homophones sont tous des homonymes, des mots dont le sens est plus spécifique, plus précis. Appelés hyponymes, ces derniers se rapprochent des quasi-synonymes.

            En d’autres mots, deux homonymes peuvent être homographes (même graphie) ou homophones (même son). Si cession et session sont des homophones, scission et session sont des paronymes, des mots de sens différent, mais de forme quasi identique.

            Sans oublier qu’un homonyme fait aussi référence à une personne qui partage le même nom qu’une autre personne.

            Véritable science du langage, la linguistique rime bien souvent avec gymnastique… de la langue et surtout des neurones !

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            Sur ce ou sur ceux | Orthographe

            La locution adverbiale sur ce ne doit pas être confondue avec la préposition sur suivie du pronom démonstratif pluriel ceux.

            Sur ceux ou sur ce
            • On ne peut compter que sur ceux qu’on aime.
            • Nos prix s’alignent sur ceux de la concurrence.
            • Sur ce, il ne nous reste plus qu’à vous remercier de votre attention.
            • Sur ce, il vida son verre, qu’il retourna sur le comptoir.

            Si votre intention est de faire une transition entre deux énoncés, sur ce est la formule consacrée. Pour ceux qui n’en sont pas convaincus, cette explication devrait les y aider. Sur ce, bonne lecture !

            Avis à tous ceux qui ne sont pas sûrs d’eux !
            À l’instar de sur et sûr, ce et ceux sont deux homophones : des mots qui se prononcent de la même façon, mais dont la graphie et le sens diffèrent.

            Heureusement, les outils QuillBot — que ce soit le correcteur orthographique, le chat IA, le reformulateur de textes, ou même celui qui les résume et les humanise — rétabliront l’orthographe de ces pronoms en contexte.

            En effet, les outils d’aide à la rédaction savent très bien lier un pronom à son antécédent, qu’il soit pluriel ou singulier. L’intelligence artificielle n’a rien de magique, elle est avant tout linguistique…

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            Ducoup ou du coup | Orthographe

            S’il y a bien une expression que tous les francophones ne partagent pas, c’est le fameux du coup hexagonal. Largement utilisée à l’oral, cette locution sème la confusion lors de sa transcription à l’écrit.

            Du coup ou ducoup
            • Du coup, t’as fait quoi ?
            • Ils n’avaient plus le temps, du coup, ils n’y sont pas allés.
            • La crise climatique devient du coup un enjeu politique.

            Adverbe, connecteur logique ou élément discursif, du coup, en deux mots, est loin d’être un simple marqueur identitaire dont les Français ne peuvent se défaire. Du coup, rien de tel que la linguistique pour expliquer le tout !

            Avis à tous ceux qui pensent que du coup est une erreur…
            Nombreux sont les soi-disant experts de la langue qui considèrent que du coup est un affront à la langue française, entre la faute de goût et le tic de langage.

            Ces mêmes experts conseillent de remplacer du coup par des synonymes, tels que de ce fait, à la suite de quoi, en conséquence de quoi, etc.

            Le problème, c’est que du coup n’est pas toujours un adverbe. Du coup est grammaticalement inclassable et, du coup, les grammairiens ne l’aiment pas.

            Heureusement, les outils QuillBot — que ce soit le correcteur orthographique, le chat IA, le reformulateur de textes, ou même celui qui les résume et les humanise — ajouteront l’espace entre les deux mots de la locution.

            Et si vous êtes francophones, mais non locuteurs de la variété hexagonale, vous n’avez même pas à vous en faire, du coup

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            Au fait ou au faite | Orthographe

            L’orthographe du français, loin d’être transparente, donne lieu à des particularités phonétiques et graphiques pour le moins étranges et alambiquées.

            C’est le cas du trio au fait, (être) au fait de et (être) au faite de.

            Au faite ou au fait
            • Au fait de = au courant de, préposition prononcée « ofè » [ofɛ]
              • Il n’est pas très au fait des dernières tendances vestimentaires.
            • Au faite de = au summum de, préposition prononcée « ofèt » [ofɛt]
              • Cette actrice est décédée au faite de sa carrière.
            • Au fait = à propos, locution adverbiale prononcée « ofèt » [ofɛt]
              • Au fait, est-ce que tu as de ses nouvelles ?

            Préposition ou locution adverbiale, les formes au fait de et au fait se prononcent différemment parce qu’elles ne partagent pas le même sens.

            De fait, dans la préposition, le « t » se tait. Et si vous n’êtes pas très au fait de cette règle, l’explication ci-dessous s’invite à la fête pour rétablir les faits…

            Avis à ceux qui vont droit au fait…
            Dès la fin du XVIIe siècle, les grammairiens du français classique, souhaitant « épurer » la langue, en fixent l’orthographe.

            Si l’on doit ce haut fait à une certaine confusion entre beauté et complexité, les outils QuillBot — que ce soit le correcteur orthographique, le chat IA, le reformulateur de textes, ou même celui qui les résume et les humanise — restent eux insensibles au charme des lettres muettes et sans pitié contre les erreurs faites.

            Une langue n’a pas besoin d’être complexe ou esthétique pour exister. Elle a simplement besoin de locuteurs. Plus une orthographe est facile, plus elle est démocratique, et plus le nombre de ses locuteurs augmente. C’est un fait, mathématique qui plus est…

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            Je travail ou je travaille | Orthographe

            Verbe du premier groupe, travailler est précédé du pronom personnel je lorsque son sujet désigne le locuteur lui-même.

            Conjugué au présent de l’indicatif ou au subjonctif présent, il affiche une terminaison verbale, soit deux lettres ajoutées à son radical.

            Je travaille ou je travail
            Je travaille sur ce projet depuis longtemps.

            Que je travaille ou non ne change rien à ma façon de vivre.

            Je travail

            Comme d’autres verbes similaires à un nom commun, le verbe travailler offre, à l’oral, une forme identique au substantif travail.

            Homophones, mais non homographes, les formes travail et travaille s’emploient pleinement à compliquer la vie des francophones : un vrai travail à plein temps !

            Avis à tous ceux qui n’ont pas le souci du « détaille »…
            Si les noms conseil et réveil présentent, dans leur famille de mots, les formes conseiller et réveiller, les noms détail et travail cohabitent eux avec les verbes détailler et travailler.

            Heureusement, les outils QuillBot, comme le correcteur d’orthographe, le reformulateur de texte ou le chat IA, ont du métier : ils travaillent d’arrache-pied pour supprimer les erreurs de vos productions écrites.

            Et si le travail, c’est la santé, la maîtrise illusoire du code graphique du français relève autant du travail forcé que de l’emploi fictif !

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            Derien ou de rien | Orthographe

            En réponse à merci, la plupart des francophones répondent de rien. Cette locution s’écrit toujours en deux mots.

            De rien ou derien
            — Merci pour ton aide la semaine dernière.

            De rien, ce n’est jamais agréable ce genre de déménagement.

             

            — Merci, infiniment.

            De rien, vraiment.

            À l’image de bien sûr ou de en fait, les locutions courantes de l’oral font l’objet de quelques hésitations graphiques lorsque vient le temps de les écrire.

            Largement utilisé en contexte informel, ce de rien en deux mots hérisse tout de même le poil de certaines oreilles. Rien de tel que la linguistique pour éviter de se formaliser formellement de la forme et rétablir un fond de vérité.

            Avis à tous ceux qui pensent que le luxe, c’est l’espace…
            Si vous n’êtes pas adeptes des espaces, sachez qu’elles sont toujours féminines en typographie et souvent insécables en français.

            Heureusement, les outils QuillBot, que ce soit le correcteur orthographique, le reformulateur de texte ou le chat IA, rétabliront toutes les espaces nécessaires, notamment celle séparant de rien.

            Fine, moyenne ou forte, l’espace typographique est avant tout physique. À l’époque des presses d’imprimerie, une tige métallique était insérée entre les caractères de plomb pour séparer les groupes de lettres. Formant ainsi des mots, l’espace est un caractère à part entière, et non un simple blanc, vide de contenu et de sens. C’estmêmetoutlecontraire !

            De rien : réponse situationnelle

            En français, la locution de rien se compose de la préposition de et de l’adverbe rien. Idiomatique par essence, elle possède une signification particulière, qui ne peut être déduite de la somme sémantique de ses deux mots.

            Cet assemblage particulier forme une expression qui ne s’utilise que dans une seule situation : après un remerciement. En répondant de rien, le locuteur remercié accuse réception du remerciement et, surtout, maintient la symétrie de l’interaction.

            De rien est donc une réponse situationnelle pour rééquilibrer l’échange. Parfois confondue avec une interjection, cette locution n’a rien d’émotionnel, bien au contraire. Elle participe à la conclusion de l’interaction, ainsi qu’à sa poursuite, en annulant le déficit interactif engendré par le remerciement.

            Le saviez-vous ?
            Au Québec, sous l’influence de l’anglais, le mot bienvenue est utilisé en lieu et place de la locution de rien, soit après un remerciement.

            Si un Québécois vous souhaite la bienvenue, remerciez-le, évidemment. Évitez toutefois de le remercier à nouveau s’il vous dit bienvenue en réponse à votre merci, au risque de ne jamais conclure l’échange…

            De plus, certains linguistes considèrent que de rien minimise l’effort fourni. La locution véhiculerait de façon implicite l’idée que le service rendu est considéré comme mineur ou normal.

            Ainsi, en contexte informel, les locutions pas de souci, aucun problème ou il n’y a pas de quoi peuvent s’avérer synonymes, puisqu’elles atténuent également la nécessité du remerciement.

            Toutefois, leur longueur est préjudiciable à l’oral. La locution de rien reste nettement plus courte à prononcer et surtout plus neutre que les autres formes, généralement réduites en contexte familier (pas de quoi, no soucy, etc.).

            En contexte formel, avec plaisir ou je vous prie maintiennent l’équilibre de l’échange, en y apportant un aspect volontairement positif. Parfois excessives, ces formules enjouées sont attendues socialement, mais non obligatoires à l’interaction.

            Autrement dit, dire de rien, et l’écrire en deux mots, est un acte de langage attendu et tout à fait convenable en situation informelle comme en situation formelle, notamment lorsque celle-ci ne nécessite pas une démonstration excessive de politesse.

            Ce faisant, le locuteur accepte les remerciements de son interlocuteur, minimise la valeur de son geste et efface la domination symbolique d’un échange langagier inégal.

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